Le texte ci-dessous a
été déposé par l’American Academy of Pediatrics (AAP) et endossé par cinq
autres organisations de professionnels de la santé. Il traite de l’influence de
la consommation de divertissements violents sur le comportement agressif de
certains enfants. Version originale anglaise disponible sur la page « Media
Matters » du site de l’AAP : http://www.aap.org/advocacy/releases/jstmtEVC.htm
Impact
des divertissements violents sur les enfants
Déclaration
commune relative aux conséquences sur la santé publique
26
juillet 2000
Nous,
soussignés, représentons des professionnels oeuvrant en santé publique. Comme
c’est le cas dans la plupart des milieux, les opinions varient. Il existe
cependant un large consensus sur plusieurs aspects concernant le sujet en
titre. À l’extérieur de la communauté
médicale, on constate encore une certaine controverse entourant l’impact des divertissements
violents sur les enfants, mais au sein de notre communauté, un fort consensus
se dégage quant aux effets de la téléviolence sur la santé, le bien-être et le
développement de l’enfant.
La
télévision, le cinéma, la musique et les jeux interactifs sont des outils
d’apprentissage puissants. Ils exercent
une grande influence. Aux Etats-Unis, les enfants consacrent en moyenne un
minimum de 28 heures par semaine à
regarder la télévision et, s’adonnent au moins une heure par jour à des jeux
vidéos ou à internet. Plusieurs heures sont aussi consacrées à regarder des
films ou des vidéos et à écouter de la musique. Ces médias peuvent instruire, motiver
et même d’inspirer leur public – ils remplissent d’ailleurs souvent cette
fonction. Toutefois, quand ces divertissements médiatiques servent de vitrine à
la violence, lorsqu’ils la présentent sous des couleurs séduisantes ou banalisantes,
les apprentissages peuvent être destructeurs.
Certaines
personnes appartenant à l’industrie du divertissement soutiennent que :
1) la téléviolence est inoffensive puisqu’aucune
étude n’a prouvé qu’elle entraîne des comportements agressifs chez les enfants ;
2) les jeunes savent que la télévision, les
films et les jeux vidéos appartiennent au monde de la fiction.
Malheureusement,
ils ont tort sur les deux points.
A
l’heure actuelle, plus de 1 000 études, notamment des rapports provenant
- du bureau du Surgeon General[1],
- du National Institute of Mental Health
(Institut national de la santé mentale)
- des membres prestigieux de la communauté
médicale
- et des organisations de santé publique - nos
propres membres –
indiquent,
en très grande majorité, une relation causale entre la téléviolence et les
comportements agressifs de certains enfants. Les professionnels de la santé
publique, s’appuyant sur plus de 30 ans de recherches, affirment que la
consommation de divertissements violents peut conduire à l’augmentation des attitudes,
des valeurs et des comportements agressifs, particulièrement chez les enfants.
Les
effets sont mesurables et durables. De plus, l’exposition prolongée peut
entraîner une désensibilisation face à la violence dans la vie réelle.
L’effet
de la téléviolence sur les enfants peut varier. Certains enfants seront plus
affectés que d’autres. La durée, l’intensité et l’étendue de l’impact peuvent
varier. Les effets négatifs sont mesurables. Ces effets se présentent sous
plusieurs formes.
·
Les enfants qui consomment
beaucoup de violence ont tendance, plus que les autres, à considérer le recours
à la violence comme un moyen efficace de résoudre des conflits. Pour eux, les
actes violents constituent un comportement acceptable.
·
L’exposition à la
téléviolence entraîne une désensibilisation émotive face à la violence dans la
vie réelle. Cela réduit la capacité d’intervenir en faveur d’une victime.
·
La téléviolence
nourrit l’idée que le monde est un endroit violent et « méchant ». La
consommation de téléviolence augmente la peur de devenir victime, avec
pour conséquence, une augmentation des comportements auto-protecteurs et des
réflexes de méfiance.
·
La téléviolence peut
conduire à la violence réelle. Les personnes exposées à des émissions violentes durant leur enfance sont plus
susceptibles que les autres d’adopter des attitudes violentes et agressives plus tard.
Malgré le faible
nombre de recherches sur l’impact des jeux vidéo violents, y compris les jeux
interactifs par ordinateur, des études préliminaires indiquent que l’impact
négatif est significativement plus
grave que celui de la télévision, les films ou la musique. Nous avons besoin de
plus d’études sur ce sujet et nous souhaitons qu’on y consacre des ressources.
En
aucun cas, nous ne voulons laisser l’impression que la téléviolence est seule
responsable des agressions commises par les jeunes ou de leurs attitudes antisociales, ni même qu’elle
constitue le facteur le plus important. Les ruptures parentales, l’influence
des pairs, la disponibilité des armes et divers autres facteurs contribuent au
phénomène. Nous ne préconisons pas, non plus, de restrictions aux activités de création. L’objectif de la
présente déclaration est d’ordre descriptif, et non prescriptif.
Nous
souhaitons établir une description claire des effets pathologiques de la téléviolence.
Nous espérons cependant qu’en exprimant clairement le consensus auquel sont
parvenues les personnes oeuvrant en santé publique et en publiant le présent texte,
nous sensibiliserons le public et les parents aux méfaits des divertissements
violents. Nous espérons ainsi contribuer à un dialogue plus honnête sur les gestes à poser pour améliorer la
santé et le bien-être de nos enfants.
SIGNATAIRES :
Donald E. Cook, MD
Président
American Academy of Pediatrics
Clarice Kestenbaum, MD
Président
American Academy of Child & Adolescent Psychiatry
L. Michael Honaker, PhD.
Deputy Chief Executive Officer
American
Psychological Association
Dr.
E. Ratcliffe Anderson, Jr. MD
Vice-président
exécutif
American Medical Association
American Academy of Family Physicians
American Psychiatric Association
CONTACTS:
American Academy of Pediatrics
601 13th Street NW Suite 400 North
Contact: Marjorie Tharp
American Psychological Association
750 First Street NE
- fifth floor
Contact: Jeff
McIntyre or Bill Horvath
American Medical
Association
1101 Vermont Avenue
12th floor
Contact: Margaret
Garikes or Pam Korland or Dianna Perry
American Academy of
Child and Adolescent Psychiatry
3615 Wisconsin
Avenue NW
Contact: Nuala Moore
Liens :
Federal Trade
Commission
Media Violence
Testimony (from AAP Past President, Donald E. Cook)
© 2003 - American
Academy of Pediatrics
[1] Porte-parole
américain en matière de santé qui a un rôle équivalent à celui du Directeur
national de santé publique.