Argumentaire

 

Pourquoi contrer la téléviolence ?

 

1.     La violence a-t-elle augmenté ?

Les nouvelles qui paraissent sur la criminalité au Canada sont souvent contradictoires. La raison en est que les médias confondent souvent deux statistiques : le taux de « criminalité » et le taux de « crimes de violence ». Le taux de criminalité inclut les crimes de violence, mais il inclut aussi toutes les autres infractions au code criminel. De fait, les crimes de violence comptent pour seulement 13% de l’ensemble des crimes. Ainsi, il est possible et fréquent que le taux de criminalité baisse alors que les crimes de violence augmentent. De 1962 à 2001, le taux de crimes de violence dans l’ensemble de la population canadienne est passé de 221 à 994 crimes de violence par 100 000 habitants. Le taux de crimes violents est donc 4,5 plus élevé qu’en 1962, ce qui représente une hausse considérable. Le taux le plus élevé de crimes de violence que le Canada ait connu a cependant été atteint en 1993, avec 1081 crimes de violence par 100 000 habitants. Il a ensuite baissé progressivement jusqu’en 1999 pour s’établir à 955/100 000 habitants. Il est de nouveau en hausse en 2000 et 2001.

Source : Statistique de la criminalité au Canada 2001, Centre canadien de la statistique juridique

2.     Où se situe le Québec parmi les provinces canadiennes ?

En 2001, le Québec a obtenu le taux le moins élevé de crimes de violence : 719 cas par 100 000 habitants. Dans l’ensemble du Canada, le taux est de 994/100 000 habitants, une augmentation de 1,3% par rapport à l’an 2000. Les provinces de l’Ouest affichent des taux beaucoup plus élevés, la Saskatchewan atteignant même 1802 cas par 100 000 habitants.

Source : Statistique de la criminalité au Canada 2001, Centre canadien de la statistique juridique

3.     Chez les jeunes, que disent les statistiques ?

Au Canada. En 2000 ?, le taux de crimes de violence commis par les jeunes (12-17 ans) a augmenté de 7 % par rapport à l’année précédente. Cette augmentation est surtout due aux agressions sexuelles (+18 %) et aux voies de fait (+7 %) et les vols qualifiés (+2 %).

Source : Statistiques Canada, Le Quotidien, 17 juillet 2002.

Au Québec, selon le Ministère de la sécurité publique, la criminalité a connu une hausse de 17,9 % au cours des 4 dernières années. Cette hausse est attribuable principalement à l’augmentation des voies de fait et des agressions sexuelles.

Au Québec, les jeunes sont responsables de 14 % des crimes de violence et sont deux fois plus nombreux que les adultes, par 100 000 personnes, à être considérés comme auteurs.

Source : Statistiques 2001 sur la criminalité au Québec, Ministère de la sécurité publique.

4.     Troubles de comportement chez les enfants

Selon le Conseil supérieur de l’éducation (CSÉ), le nombre d’élèves en difficulté de comportement a triplé entre 1984 et 2000. Ces élèves, majoritairement des garçons, entretiennent des rapports difficiles avec leurs pairs et avec le personnel scolaire. La violence commise ou subie par ces jeunes est parfois évidente (harcèlement, brimades, taxage, troubles oppositionnels), parfois plus discrète (passivité, dépendance, dépression). Vraisemblablement, ces deux types de violence auraient un impact significatif sur la réussite scolaire et sur l’intégration sociale. Pour expliquer cette tendance, le CSÉ fait référence à divers facteurs de l’environnement familial et scolaire, mais également à l’exposition répétée à la violence véhiculée dans les médias (pp.39-40).

Source : Avis du Conseil supérieur de l’éducation,  février 2001

5.     La téléviolence aux États-Unis, un enjeu majeur pour la santé publique

L’exposition à la téléviolence a été dénoncée par le directeur de la Santé publique des États-Unis, David Satcher, dans un rapport rendu public le 17 janvier 2001 : « Un nombre substantiel de recherches scientifiques démontre que (l’exposition répétée à la téléviolence) provoque une hausse de la violence physique et verbale chez les enfants. Lorsque consommée dès la petite enfance, la violence transmise au petit écran affectera le comportement durant la vie entière ». Le directeur de la Santé publique attribue la hausse de la violence criminelle aux divertissements violents. Selon lui, l’exposition à la violence médiatique joue un rôle important dans le phénomène de la violence juvénile. Du point de vue de la santé publique, la consommation d’aujourd’hui surpasse celle de jadis. Chez plusieurs enfants, les dommages sont flagrants. »

Source : Los Angeles Times, 17 janvier 2001.

6.     La téléviolence en France.

Le 6 juin 2002, le Ministre français de la culture et de la communication créait une Mission d’évaluation, d’analyse et de propositions relative aux représentations violentes à la télévision. Constituée de 36 personnalités, il en confiait la présidence à Mme Blandine Kriegel. Celle-ci présentait récemment les résultats de cette mission dans un rapport très étoffé.

Extraits du Rapport Kriegel

 

« La dérive de la violence dans notre société républicaine démocratique particulièrement attachée à la liberté est un phénomène dont nous avons pris lentement et récemment conscience. Que nous est-il arrivé ? Comment avons-nous laissé filer les incivilités, les agressions et s’installer une situation particulièrement dommageable aux plus fragiles : les pauvres, les femmes, les enfants ? »

 

« Procédant à une évaluation des effets sociologiques, psychologiques, esthétiques de l’inflation de la violence à la télévision, la Commission s’est accordée à reconnaître un effet net de l’impact de la diffusion de spectacles violents sur le comportement des plus jeunes.»

 

« La Commission a estimé qu’une société démocratique soucieuse de la transmission des valeurs de respect de la dignité humaine et de la protection des mineurs doit assumer les responsabilités nouvelles que lui impose l’âge de la société des écrans dans la conservation de la liberté. En cas de heurt perpendiculaire entre le principe de liberté et le principe de protection des enfants, on doit faire prévaloir le droit des enfants ».

 

« La violence à la télévision ne reflète ni la liberté d’expression des créateurs ni la demande du public, mais est le produit d’un système de marketing planétaire. Elle exerce un effet d’incubation culturelle en contribuant à long terme à une dévalorisation du monde ».

 

« On aurait tort de négliger les conséquences (de la téléviolence) au niveau sociétal. La taille de l’effet est statistiquement comparable à celle qui relie la consommation du tabac au cancer du poumon ».

 

« Les effets émotionnels à court terme (de la téléviolence) sont des réactions de crainte, d’anxiété et de détresse. À long terme, elle contribue à une désensibilisation du spectateur ».

 

« Les films violents ont également des effets néfastes en ce qu’ils induisent des croyances erronées concernant le viol ».

7.     La téléviolence n’est plus une question controversée

Le 26 juillet 2002, voici ce que déclaraient devant le Congrès les présidents des associations de pédiatres, de pédopsychiatres, de psychologues, de médecins et de psychiatres des Etats-Unis :

« Il existe un large consensus sur plusieurs aspects concernant les divertissements violents. À l’extérieur de la communauté médicale, on constate encore une certaine controverse entourant l’impact des divertissements violents sur les enfants. Au sein de notre communauté, un fort consensus se dégage quant aux effets de la téléviolence sur la santé, le bien-être et le développement de l’enfant. (…)

Certaines personnes appartenant à l’industrie du divertissement soutiennent que, d’une part, la téléviolence est inoffensive puisque aucune étude n’a prouvé qu’elle entraîne des comportements agressifs chez les enfants et, d’autre part, que les jeunes savent que la télévision, les films et les jeux vidéo appartiennent au monde de la fiction. Malheureusement, ils ont tort sur ces deux points.

À l’heure actuelle, plus de 1 000 études (…) indiquent, en très grande majorité, une relation causale entre la téléviolence et les comportements agressifs de certains enfants. Les professionnels de la santé publique, s’appuyant sur plus de 30 ans de recherches, affirment que la consommation de divertissements violents peut conduire à l’augmentation des attitudes, des valeurs et des comportements agressifs, particulièrement chez les enfants. Les effets sont mesurables et durables. De plus, l’exposition prolongée peut entraîner une désensibilisation face à la violence dans la vie réelle. »

Source : Donald Cook, M.D., FAAP, président de l’AAP (2000)

8.     L’imitation, une notion de base

Au-delà des études scientifiques, on peut évoquer le sens commun pour affirmer que la téléviolence a sûrement des effets délétères. Il est largement reconnu que les enfants apprennent par imitation. Comment croire que la téléviolence n’a pas d’influence quand on sait qu’un jeune de 11 ans a déjà vu en moyenne 8 000 meurtres à la télévision ?

Source : American Psychological Association (2000)

Par ailleurs, si la télévision n’influençait pas le comportement, pourquoi les compagnies investiraient-elles des milliards de dollars par année en publicité ?

9.     La répétition

Il est important de ne pas véhiculer d’idées simplistes sur la télévision si nous voulons rester crédibles. Ce n’est pas parce qu’un enfant a vu un film violent qu’il deviendra nécessairement un assassin. C’est l’accumulation qui est la plus dommageable, un peu comme la cigarette.

Ainsi, si un jeune regarde certains films violents mais que tout son entourage (parents, professeurs, amis, etc.) véhiculent des valeurs qui vont à l’encontre de celles proposées par ces films, il y a peu de chance que ce jeune devienne violent.

Par ailleurs, si les parents sont aussi des amateurs de violence télévisée, qu’ils applaudissent lors de batailles dans le sport professionnel, qu’ils encouragent le jeune à se battre lors des matchs de hockey et si la bande de copains va dans le même sens, alors le jeune consommateur de téléviolence a de grandes chances de devenir violent.

Source : Pacijou, 1990

 

« J’ai regardé des films de cowboys quand j’étais jeune et je ne suis pas violent ! ».

Quand un adulte fait une telle affirmation, il oublie une donnée essentielle : Les films de « cow-boys » ne sont plus ce qu’ils étaient ! Depuis 40 ans, la quantité et la « qualité » de la violence télévisée a augmenté de façon exponentielle.

Ainsi, si on compare deux versions d’un même long métrage pour enfants (Batman), produit à 22 ans d’intervalle (1966 et 1989), on constate que la version de 1966 ne comptait aucun meurtre, aucune scène d’horreur, aucun blessé ; celle de 1989 compte 41 meurtres et deux scènes d’horreur. Que dire, en outre, du réalisme des scènes de meurtres et d’horreur des productions actuelles, sinon qu’avec la surenchère d’effets spéciaux, ces films ne s’apparentent en rien à ce les films de « cow-boys » offraient !

Source : Pacijou, « Cessez-le-feu », 1987

Les données suivantes vont dans le même sens :

 

Film

Nombre de victimes

Version 1

Version 2

Version 3

Rambo

1

62

106

Robocop

32

81

 

Le Parrain

12

18

53

 

Source : Gerbner, Georges (2002)

10.  « La violence a toujours existé. Vouloir changer ça, c’est une utopie ! »

Ce contre argument est cité pas tant à cause de sa transcendance qu’à cause de sa fréquence. C’est l’argument de ceux qui se qualifient de « réalistes ».

Il est vrai que la violence a toujours existé et qu’elle existera sans doute toujours. Au cours de l’histoire, elle a cependant été très variable. Elle est aussi très variable selon la culture et les mœurs des divers pays. Ainsi, la violence a plus que quadruplé au Canada, au cours des quarante dernières années.

Source : Pacijou

Voilà bien la preuve, que les humains peuvent changer les choses. Ils peuvent concourir à diminuer ou augmenter la violence, selon les gestes qu’ils posent et les opinions qu’ils émettent. Le progrès de l’espèce humaine s’inscrit depuis le début de son histoire dans une recherche de pacifisme. Si la violence a toujours existé, l’humanité a toujours cherché à s’en soustraire. Nous y parvenons lentement, entre autres choses, par des démarches telles que celle ici poursuivie pour contrer la téléviolence

Source : Ouimet, Marc (2002)

11.  Le Québec n’est pas seul à demander des changements

Le Conseil pour la prévention de la violence juvénile des États-Unis (Commission for Prevention of Youth Violence) regroupe les organismes suivants : l’American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, l’American Academy of Family Physicians, l’American Academy of Pediatrics, l’American College of Physicians-American Society of Internal Medicine, l’American Medical Association, l’American Medical Association Alliance, l’American Nurses Association, l’American Psychiatric Association, l’American Public Health Association et le U.S. Department of Health and Human Services

Selon un rapport publié récemment par cet organisme :

« Les enfants et les adolescents sont fortement influencés par ce qu’ils voient et entendent au cinéma, à la télé, sur internet, dans les jeux vidéo et dans la musique. Les effets pernicieux, profonds et dommageables sont largement documentés. L’industrie doit accorder la plus grande importance à ces données scientifiques. Nous recommandons:

6.1       D’inciter les parents et les gens qui ont la garde d’enfants à surveiller et contrôler l’utilisation de la télévision, de la musique, des jeux vidéo et de l’internet.       

6.2   D’inciter les médias…

a) à réduire la quantité de violence à la télé, dans les films, dans la musique, dans les jeux video et sur internet ;

b)  à décrire des façons non-violentes de régler des conflits et de gérer sa colère ;

c)  à rapporter la douleur, le remords et les conséquences de la violence sur les individus, les familles et la société.

6.3   De mobiliser les consommateurs pour réclamer des producteurs et diffuseurs une réduction substantielle de la violence télévisuelle.

6.4        De tenir une campagne de prévention de la violence axée sur l’impact de la téléviolence sur les enfants. »

Source : Rapport du Conseil pour la prévention de la violence juvénile des Etats-Unis, chapitre 6 (1999)

12.  Télévision, jeux vidéo et agressivité 

« Le visionnement excessif de télé et de jeux vidéo violents par des enfants contribue à l’augmentation rapide de la violence chez les jeunes depuis 1970 », affirme le Dr. David Walsh, porte-parole de la Campagne sur la violence dans les médias de l’Association médicale des Etats-Unis et président de l’Institut sur les médias et la famille. Selon lui, la quantité excessive de temps passé par les enfants à regarder la télé et à jouer au jeu vidéo alimente une culture de l’irrespect.

Un autre effet de la consommation excessive de télévision est une réduction du niveau de lecture et de réussite scolaire. Les enfants consacrent en moyenne 32 heures par semaine à la télé et aux jeux vidéo, 2,2 heures aux devoirs et une heure à lire pour le plaisir, selon le Dr Walsh.

« Les enfants de moins de 3 ans ne devraient pas regarder la télé. Le mieux pour développer le cerveau des enfants est l’exploration active et le jeu, ainsi que les interactions avec ses parents et ses gardiennes. Les enfants ne devraient pas regarder la télé plus de 10 heures par semaine, en moyenne, et les parents (devraient) surveiller et guider les enfants vers des émissions de qualité. Environ 56% des enfants des États-Unis de plus de 5 ans ont un téléviseur dans leur chambre. »

Source: Discours d’ouverture du Congrès de l’Association régionale des parents du Nord-Ouest, Tacoma, USA, 14 avril 2000.

13.  Jeux vidéo et stimulation du cerveau

Si d’aucuns prétendent que les jeux vidéo pourraient contribuer au développement de certaines habiletés intellectuelles, aucune preuve scientifique n’existe en ce sens. Au contraire, d’après une étude japonaise rapportée dans le National Post du 20 août 2001, les enfants qui passent des heures à jouer à des jeux vidéo risquent de nuire au développement de leur cerveau et augmentent leurs risques de perdre de contrôle dans des situations réelles. En effet, « le professeur Ryuta Kawashima, de l’Université de Tohoku, a mesuré l’activité cérébrale de centaines d’adolescents alors qu’ils jouaient au Nintendo et l’a comparée à celle d’autres groupes à qui on avait soumis des problèmes de mathématique ou une lecture à haute voix. Ses résultats ont démontré que le jeu vidéo ne stimule pas le lobe frontal, une région qui joue un rôle important dans la répression des impulsions antisociales, région aussi associée à la mémoire, à l’apprentissage et aux émotions. Une absence de stimulation de cette partie du cerveau avant l’âge de 20 ans nuirait au développement des neurones et à leur réseautage, réduisant ainsi la capacité du cerveau à contrôler les impulsions responsables de la violence et de l’agression. (…) M. Kawashima affirme: "Nous aurons un problème plus grave que tout ce que nous avons connu avec la nouvelle génération d’enfants accoutumés aux jeux vidéo. Les implications sont très graves sur l’avènement d’une société plus violente." Tonmoy Sharma, de l’Institut de Psychiatrie, renchérit. (…) "Les jeux électroniques ne stimulent pas le développement du cerveau parce qu’ils ne requièrent que la répétition de gestes simples. Ils ont plus à voir avec la rapidité des réflexes qu’avec des défis intellectuels. »

Source : National Post, 20 août 2001.

14.  La télévision violente permet-elle de se défouler?

Certains prétendent que la violence télévisée permettrait aux jeunes de se défouler et diminuerait dès lors la violence physique. Cette hypothèse, issue de la fameuse théorie de la « catharsis » associé au théâtre de la Grèce antique, a été énoncée au début des années 1960.

Depuis 40 ans, aucune étude scientifique n’est venue corroborer cette hypothèse, alors que des centaines d’études ont démontré le contraire.

Cela dit, si la violence télévisée avait pour effet de diminuer la violence physique, il faudrait s’attendre à ce que les États-Unis soient le pays où les jeunes sont les moins violents. C’est en effet ce pays qui consomme le plus de télévision violente. Or, c’est tout le contraire. Les Etats-Unis sont le pays industrialisé qui affiche le plus haut taux de violence. Toute proportion gardée, il se commet trois fois plus de meurtres aux États-Unis qu’au Canada.

Source : Lurçat, Liliane (1996); « L’humanité » du dimanche 5 janvier 1997

15.  Que pense la population d’une réglementation de la téléviolence ?

En décembre 1999, le quotidien La Presse publiait les résultats d’un sondage selon lequel 82% des québecois sont favorables à l’interdiction des émissions de télé pour enfants qui font la promotion de la violence. 85% sont favorables à retarder à 22 heures les films de grande violence.

Source : La Presse, décembre 1999

En 1994, le gouvernement du Canada a confié aux télédiffuseurs le soin de s’autoréglementer. Depuis lors, les actes de violence physique ont augmenté de 432% dans les réseaux privés québecois. C’est ce que révèle une étude de deux chercheurs de l’Université Laval rendue publique en février 2003.

Source : Le Devoir, février 2003

16.  En réduisant la télé, on réduit la violence verbale et physique.

Une étude réalisée dans une école primaire de San José, en Californie, a démontré que la réduction de télé entraînait une baisse du nombre d’agressions. On a d’abord comptabilisé les actes et paroles agressives. Puis, on a rencontré les élèves pour les inviter à réduire leur consommation de jeux vidéo et de télé. Les deux tiers des élèves ont accepté de relever le défi durant 10 jours, sous la supervision (authentifiée par écrit) des parents. Plus de la moitié des élèves ont continué de limiter leur consommation de télé à moins de 7 heures par semaine durant les 20 semaines suivantes. On a constaté une réduction des agressions physiques (40%) et des agressions verbales (50%). Surprise, les enfants les plus agressifs ont réalisé les progrès les plus importants. Surprise supplémentaire, on a aussi noté une réduction significative de l’obésité.

Source : Robinson, TN (1999) “Reducing children's television viewing to prevent obesity”, Journal of the American Medical Association

17.  Limiter la violence, n’est-ce pas une forme de censure ?

Réglementer la téléviolence ne nie en rien la liberté artistique des créateurs. On ne remet pas en cause la liberté de déplacement lorsqu’on oblige les transporteurs de matières dangereuses à éviter certains tunnels ou à réduire la vitesse dans une zone scolaire. On protège le public. C’est au gouvernement qu’incombe la responsabilité de réglementer les heures de diffusion des émissions violentes afin d’en protéger nos jeunes enfants. Il ne peut laisser cette responsabilité aux seuls parents qui devraient alors passer leur temps à côté de leurs enfants. La circulation sur la voie publique requiert des règles axées d’abord et avant sur la protection des enfants. Lorsque l’artisan se voit imposer des règles quant à la distance des barreaux de lits pour bébés, qui oserait prétendre qu’on nie sa liberté artistique? Qui oserait déclarer : « C’est aux parents de surveiller leur enfant »? Entre la liberté des télédiffuseurs et la sécurité des enfants, les seconds devraient avoir priorité. Or, présentement, ce n’est pas le cas. Les télédiffuseurs refusent d’assumer cette priorité. En cas de comportement irresponsable d’une industrie qui utilise la violence comme ingrédient de marketing, le gouvernement doit protéger les citoyens les plus vulnérables, LES ENFANTS, contre les abus. Les télédiffuseurs ont l’obligation de contribuer à la santé et à la sécurité des enfants. C’est une responsabilité partagée entre parents et télédiffuseurs, une responsabilité à laquelle l’école peut contribuer. Que sommes-nous en train de faire à nos enfants quand nous les inondons littéralement d’émissions violentes à l’heure où ils regardent la télévision ?

Source : Dépliant de la Commission scolaire de Montréal