Le texte ci-dessous a été déposé par l’American Academy of Pediatrics (AAP) et endossé par cinq autres organisations de professionnels de la santé. Il traite de l’influence de la consommation de divertissements violents sur le comportement agressif de certains enfants. Version originale anglaise disponible sur la page « Media Matters » du site de l’AAP : http://www.aap.org/advocacy/releases/jstmtEVC.htm

 

 

Impact des divertissements violents sur les enfants

 

Déclaration commune relative aux conséquences sur la santé publique

 

26 juillet 2002

 

 

Nous, soussignés, représentons des professionnels oeuvrant en santé publique. Comme c’est le cas dans la plupart des milieux, les opinions varient. Il existe cependant un large consensus sur plusieurs aspects concernant le sujet en titre. À  l’extérieur de la communauté médicale, on constate encore une certaine controverse entourant l’impact des divertissements violents sur les enfants, mais au sein de notre communauté, un fort consensus se dégage quant aux effets de la téléviolence sur la santé, le bien-être et le développement de l’enfant.

 

La télévision, le cinéma, la musique et les jeux interactifs sont des outils d’apprentissage puissants. Ils  exercent une grande influence. Aux Etats-Unis, les enfants consacrent en moyenne un minimum de  28 heures par semaine à regarder la télévision et, s’adonnent au moins une heure par jour à des jeux vidéos ou à internet. Plusieurs heures sont aussi consacrées à regarder des films ou des vidéos et à écouter de la musique. Ces médias peuvent instruire, motiver et même d’inspirer leur public – ils remplissent d’ailleurs souvent cette fonction. Toutefois, quand ces divertissements médiatiques servent de vitrine à la violence, lorsqu’ils la présentent sous des couleurs séduisantes ou banalisantes, les apprentissages peuvent être destructeurs.

 

Certaines personnes appartenant à l’industrie du divertissement soutiennent que :

 

1)      la téléviolence est inoffensive puisqu’aucune étude n’a prouvé qu’elle entraîne des comportements agressifs chez les enfants ;

2)      les jeunes savent que la télévision, les films et les jeux vidéos appartiennent au monde de la fiction.

 

Malheureusement, ils ont tort sur les deux points.

 

A l’heure actuelle, plus de 1 000 études, notamment des rapports provenant

-  du bureau du Surgeon General[1],

-  du National Institute of Mental Health (Institut national de la santé mentale)

-  des membres prestigieux de la communauté médicale

-  et des organisations de santé publique - nos propres membres –

indiquent, en très grande majorité, une relation causale entre la téléviolence et les comportements agressifs de certains enfants. Les professionnels de la santé publique, s’appuyant sur plus de 30 ans de recherches, affirment que la consommation de divertissements violents peut conduire à l’augmentation des attitudes, des valeurs et des comportements agressifs, particulièrement chez les enfants.

 

Les effets sont mesurables et durables. De plus, l’exposition prolongée peut entraîner une désensibilisation face à la violence dans la vie réelle.

 

L’effet de la téléviolence sur les enfants peut varier. Certains enfants seront plus affectés que d’autres. La durée, l’intensité et l’étendue de l’impact peuvent varier. Les effets négatifs sont mesurables. Ces effets se présentent sous plusieurs formes.

·          Les enfants qui consomment beaucoup de violence ont tendance, plus que les autres, à considérer le recours à la violence comme un moyen efficace de résoudre des conflits. Pour eux, les actes violents constituent un comportement acceptable.

·          L’exposition à la téléviolence entraîne une désensibilisation émotive face à la violence dans la vie réelle. Cela réduit la capacité d’intervenir en faveur d’une victime.

·          La téléviolence nourrit l’idée que le monde est un endroit violent et « méchant ». La consommation de téléviolence augmente la peur de devenir victime, avec pour conséquence, une augmentation des comportements auto-protecteurs et des réflexes de méfiance.

·          La téléviolence peut conduire à la violence réelle. Les personnes exposées à des émissions  violentes durant leur enfance sont plus susceptibles que les autres d’adopter des attitudes  violentes et agressives plus tard.

 

Malgré le faible nombre de recherches sur l’impact des jeux vidéo violents, y compris les jeux interactifs par ordinateur, des études préliminaires indiquent que l’impact négatif est  significativement plus grave que celui de la télévision, les films ou la musique. Nous avons besoin de plus d’études sur ce sujet et nous souhaitons qu’on y consacre des ressources.

 

En aucun cas, nous ne voulons laisser l’impression que la téléviolence est seule responsable des agressions commises par les jeunes ou de leurs  attitudes antisociales, ni même qu’elle constitue le facteur le plus important. Les ruptures parentales, l’influence des pairs, la disponibilité des armes et divers autres facteurs contribuent au phénomène. Nous ne préconisons pas, non plus, de restrictions  aux activités de création. L’objectif de la présente déclaration est d’ordre descriptif, et non prescriptif.

Nous souhaitons établir une description claire des effets pathologiques de la téléviolence. Nous espérons cependant qu’en exprimant clairement le consensus auquel sont parvenues les personnes oeuvrant en santé publique et en publiant le présent texte, nous sensibiliserons le public et les parents aux méfaits des divertissements violents. Nous espérons ainsi contribuer à un dialogue plus honnête  sur les gestes à poser pour améliorer la santé et le bien-être de nos enfants.

 

 

 

SIGNATAIRES :


 

Donald E. Cook, MD

Président

American Academy of Pediatrics

 

Clarice Kestenbaum, MD

Président

American Academy of Child & Adolescent Psychiatry

 

L. Michael Honaker, PhD.

Deputy Chief Executive Officer

American Psychological Association

 

Dr. E. Ratcliffe Anderson, Jr. MD

Vice-président exécutif

American Medical Association

 

American Academy of Family Physicians

 

American Psychiatric Association

 

 

 

 

 

 

 

 

CONTACTS:

 

American Academy of Pediatrics

601 13th Street NW Suite 400 North

Contact: Marjorie Tharp

 

American Psychological Association

750 First Street NE - fifth floor

Contact: Jeff McIntyre or Bill Horvath

 

American Medical Association

1101 Vermont Avenue 12th floor

Contact: Margaret Garikes or Pam Korland or Dianna Perry

 

American Academy of Child and Adolescent Psychiatry

3615 Wisconsin Avenue NW

Contact: Nuala Moore

 

Liens :

 

Federal Trade Commission

Media Violence Testimony (from AAP Past President, Donald E. Cook)

 

© 2003 - American Academy of Pediatrics

 



[1] Porte-parole américain en matière de santé qui a un rôle équivalent à celui du Directeur national de santé publique.