Solutions à la violence

Situations soumises au secondaire 2004-2005

 

Consignes aux intervenants et intervenantes du secondaire

L’activité d’écriture « SOLUTIONS des JEUNES » vise à développer la capacité d’expression, le sens critique et la pouvoir d’empathie.

 

Modalités de réalisation de l’activité d’écriture

L’activité d’écriture se déroule idéalement au même moment dans toute l’école, de préférence à la dernière période de l’avant-midi. Une modalité particulière est prévue pour les élèves qui ont un cours d’éducation physique à ce moment. Le choix du moment est convenu entre les membres du personnel, puis annoncé aux élèves,  au moment opportun. 

 

Durée : une période de cinquantaine de minutes devrait suffire : 20 minutes de lecture des situations d’écriture et d’échanges, 35 minutes d’écriture, 5 minutes de transcription au propre. La période se vit en silence jusqu’à la fin, comme pour un examen. Les élèves qui terminent tôt ont été avisés de s’apporter de la lecture. La période débute par une courte présentation par la direction, au télévox, où l’on explique l’intérêt de vivre cette période pleinement, son caractère obligatoire et sa raison d’être.

Présentation en classe

 

Il s'agit d'une activité où 5 situations d’écriture sont présentées aux élèves. On lit les situations une à une. Un élève différent lit à haute voix. Après la lecture de chacune, discussion de 3-4 minutes maximum pour d’assurer que la situation est comprise et que l’imaginaire des élèves est stimulé. Une fois les 5 situations présentées, donc après 20 minutes, chaque élève choisit sa situation préférée et compose son texte. Au brouillon d’abord, au propre ensuite.


Exigences

Il faut expliquer clairement les exigences minimales requises. Longueur minimale : 20 lignes. Propreté impeccable, bon français. Aucun maximum, à la condition que le texte soit complété à la fin de la période allouée.

 

Critères : les textes seront jugés sur les idées, originales et audacieuses. Rien n’interdit à l’enseignant d’utiliser le texte des élèves pour ‘évaluation normative ou formative. Autrement, est-ce que ça compte ? NON. Le mérite de cette activité ne se mesure pas en points mais il est très important que tous participent sans rémunération autre que celle de savoir que nous contribuons tous à notre meilleure qualité de vie. Même les élèves plus rébarbatifs doivent s’impliquer, surtout eux. Ils doivent sentir que nous accordons beaucoup d’importance à leur avis. Ils ont des choses importantes à exprimer. N'oublions pas que notre stratégie fait appel à la CAPACITÉ D'EXPRESSION (émotions et opinions) et au SENS CRITIQUE. Sans ces deux clés, nous ne pouvons pas toucher le POUVOIR D'EMPATHIE, indispensable à l’amélioration de notre  qualité de vie. C'est ce pouvoir qui est le plus endommagé chez nos jeunes, aujourd’hui, d'où l'importance de le toucher.

Note aux pédagogues

Dans TOUS LES GROUPES, nous nous adressons toujours simultanément à des jeunes qui sont, à divers moments du jour, des Victimes, des Auteurs et des Témoins de violence verbale et physique.
-  Victimes. Leur capacité d'expression est indispensable pour survivre, s'accrocher, se lier,  chercher du secours. Briser la loi du silence, sortir de l’isolement, pour eux et elles, c'est un impératif.
-  Auteurs. Leur capacité d’expression est indispensable pour débloquer, percer un trou dans la carapace qu'ils se sont fabriquée depuis leur naissance. Leur sens critique est aussi fortement atrophié suite à la négligence parentale, les abus répétés et l'exposition à la violence réelle ou virtuelle. Pour eux, l'activité d'écriture est un traitement choc dont ils tireront bénéfice triplement à moyen terme (leur petite copine) et à long terme (leurs enfants).
-  Témoins. Les témoins doivent découvrir leur pouvoir d’intervenir, apprendre à dissuader les agresseurs, appuyer les victimes, briser leur impuissance, leur complaisance ou leur indifférence.
Chaque élève joue, à divers moments, un rôle différent selon qu'il est en classe, dans l'autobus, à la maison avec ses parents, ses frères et ses soeurs, avec son copain ou sa copine, à l'école, avec sa gang.  En impliquant V, A et T dans cette activité d’écriture, nous touchons tous les élèves et les aidons à construire des passerelles entre eux et avec nous.
Tous les élèves peuvent et doivent utiliser leur imagination. Saisir le rapport entre ce qu’ils subissent, ce dont ils sont témoins et ce qu’ils imposent à leur entourage. 

 

L'activité d'écriture vise à toucher les jeunes intellectuellement et émotionnellement. Contrairement aux médias qui veulent accrocher des consommateurs pour leur faire avaler des annonces publicitaires, l'école veut produire des CITOYENS, des personnes responsables, soucieuses du bien commun. Voilà pourquoi chaque élève choisit la situation qui le rejoint, cherche sa solution et la met par écrit pour la rendre articulée et comprise par d’autres.
L'important, lors de la réalisation de l’activité d’écriture, c'est que personne, NI ÉLÈVE, NI ENSEIGNANT, ne la perçoive comme une activité facultative, de loisir ou de divertissement. Personne n'a le choix de faire ou non l'activité d'écriture.
En dernier recours, les élèves récalcitrants auraient à expliquer (20 lignes ou plus, comme les autres) pourquoi ils refusent de participer à cette activité d'écriture.

Jacques Brodeur

JBrodeur@edupax.org

 

Les situations 2004-2005 (on en choisit 5 pour réaliser l’activité)

 

 

1. Violence sous diverses formes             

On organise un grand remue-ménage dans ton école. On constate que, chaque année, la violence fait perdre à plusieurs victimes le goût de venir à l’école et, parfois même, le goût de vivre. Les agresseurs sont eux aussi, souvent, victimes de certaines formes de violence à la maison, dans le sport, dans la gang, etc. Les parents et le personnel de ton école veulent éliminer les formes de violence les plus dommageables et te posent trois questions. 1) La violence est-elle vraiment un problème important dans ton école ? 2) La violence, verbale ou physique, peut prendre plusieurs formes : harcèlement, insultes, vandalisme, bagarres, intimidation, rejet, etc. À quelle forme de violence faut-il s’attaquer de toute urgence ? 3) Quels moyens suggères-tu pour enrayer cette forme de violence? Ces moyens peuvent s’adresser aux victimes, aux agresseurs, aux témoins et au personnel de l’école.

 

2. Radio haineuse

Au cours de l’été dernier, on a beaucoup parlé de CHOI-FM. Un animateur vedette avait été engagé par la station pour augmenter les cotes d’écoute en exploitant quatre ingrédients de marketing : la diffamation, l’homophobie, le racisme et la misogynie. Menacée de fermeture, la station a invité ses auditeurs à « crier liberté partout ». La liberté d’expression donne-t-elle le droit de dire n’importe quoi et d’insulter n’importe qui ? L’écoute de cet animateur a-t-elle incité des auditeurs à être plus aimables avec leurs parents, avec leurs amis et amies ? Un tel langage serait-il autorisé dans une école ? Les élèves et les professeurs devraient-ils avoir une liberté d’expression semblable à cet animateur vedette ? La station de radio a-t-elle enrichi le mot Liberté ou l’a-t-elle souillé ? Les supporteurs de la station prétendent que la fermeture de la station vise à étouffer l’enquête sur la prostitution juvénile. Crois-tu que la meilleure façon d’obtenir la poursuite de cette enquête est celle utilisée par la station ? Comment pourrait-on y arriver autrement ? Le journal veut publier tes réponses à ces questions.     

 

3. Hébergement nécessaire

Chaque année, au Québec, plus de 8 000 femmes et enfants doivent s’enfuir de leur propre domicile parce qu’un conjoint ou un père les fait souffrir et les menace. Or, les gouvernements québécois et canadien refusent de fournir des refuges. Tu écris un message aux premiers ministres Charest et Martin pour leur demander de financer des maisons où ces personnes pourront trouver refuge, en cas de danger !

 

4. Président guerrier

Dans les jours qui ont suivi le 11 septembre 2001, sous le choc, plusieurs ont réclamé vengeance. Pour punir les responsables de la mort de milliers d’innocents, le Président des Etats-Unis a envahi l’Afghanistan et l’Iraq. Des milliers de victimes innocentes ont été privées d’eau, blessées, tuées. Cette violence nourrit la haine qui s’abreuve à deux sources : la souffrance et le sentiment d’impuissance. C’est parmi les millions de gens qui souffrent que les organisations terroristes recrutent des milliers de membres prêts à donner leur vie. On te donne l’occasion de conseiller le Président des Etats-Unis qui vient d’être réélu. Que lui recommandes-tu?   

 

5. Lobe frontal atrophié

Un chercheur japonais vient de faire une découverte stupéfiante. Les jeunes qui passent leur temps sur des jeux vidéo développent une lacune, leur lobe frontal s’atrophie. Le jeu les entraîne à répondre à un stimulus le plus rapidement possible, sans réfléchir. Il a comparé l’activité cérébrale de jeunes qui jouent à DOOM et Vice City à d’autres jeunes qui tentent de résoudre des problèmes mathématiques. La différence est flagrante. Pas grave ? Le lobe frontal est le centre de prises de décision, c’est là que l’on choisit de poser un geste ou de ne pas le poser. Selon le chercheur, cette découverte prouve que la  violence juvénile ira en augmentant dans nos sociétés « civilisées ». Qu’en penses-tu?