Consignes aux intervenants et intervenantes du
secondaire
L’activité d’écriture « SOLUTIONS des
JEUNES » vise à développer la capacité d’expression, le sens critique et
la pouvoir d’empathie.
Modalités de réalisation de l’activité d’écriture
L’activité d’écriture se déroule idéalement au même
moment dans toute l’école, de préférence à la dernière période de l’avant-midi.
Une modalité particulière est prévue pour les élèves qui ont un cours
d’éducation physique à ce moment. Le choix du moment est convenu entre les
membres du personnel, puis annoncé aux élèves,
au moment opportun.
Durée : une
période de cinquantaine de minutes devrait suffire : 20 minutes de lecture
des situations d’écriture et d’échanges, 35 minutes d’écriture, 5 minutes de
transcription au propre. La période se vit en silence jusqu’à la fin, comme
pour un examen. Les élèves qui terminent tôt ont été avisés de s’apporter de la
lecture. La période débute par une courte présentation par la direction, au
télévox, où l’on explique l’intérêt de vivre cette période pleinement, son
caractère obligatoire et sa raison d’être.
Présentation en classe
Il s'agit d'une activité où 5 situations d’écriture
sont présentées aux élèves. On lit les situations une à une. Un élève différent
lit à haute voix. Après la lecture de chacune, discussion de 3-4 minutes
maximum pour d’assurer que la situation est comprise et que l’imaginaire des
élèves est stimulé. Une fois les 5 situations présentées, donc après 20
minutes, chaque élève choisit sa situation préférée et compose son texte. Au
brouillon d’abord, au propre ensuite.
Exigences
Il faut expliquer clairement les exigences
minimales requises. Longueur minimale : 20 lignes. Propreté impeccable, bon
français. Aucun maximum, à la condition que le texte soit complété à la fin de
la période allouée.
Critères : les textes seront
jugés sur les idées, originales et audacieuses. Rien n’interdit à l’enseignant
d’utiliser le texte des élèves pour ‘évaluation normative ou formative.
Autrement, est-ce que ça compte ? NON. Le mérite de cette activité ne se
mesure pas en points mais il est très important que tous participent sans
rémunération autre que celle de savoir que nous contribuons tous à notre
meilleure qualité de vie. Même les élèves plus rébarbatifs doivent s’impliquer,
surtout eux. Ils doivent sentir que nous accordons beaucoup d’importance à leur
avis. Ils ont des choses importantes à exprimer. N'oublions pas que notre
stratégie fait appel à la CAPACITÉ D'EXPRESSION (émotions et opinions)
et au SENS CRITIQUE. Sans ces deux clés, nous ne pouvons pas toucher le POUVOIR
D'EMPATHIE, indispensable à l’amélioration de notre qualité de vie. C'est ce pouvoir qui est le
plus endommagé chez nos jeunes, aujourd’hui, d'où l'importance de le toucher.
Note aux pédagogues
Dans
TOUS LES GROUPES, nous nous adressons toujours simultanément à des jeunes qui
sont, à divers moments du jour, des Victimes, des Auteurs et
des Témoins de violence verbale et physique.
- Victimes. Leur capacité
d'expression est indispensable pour survivre, s'accrocher, se lier, chercher du secours. Briser la loi du
silence, sortir de l’isolement, pour eux et elles, c'est un impératif.
- Auteurs. Leur capacité
d’expression est indispensable pour débloquer, percer un trou dans la carapace
qu'ils se sont fabriquée depuis leur naissance. Leur sens critique est aussi
fortement atrophié suite à la négligence parentale, les abus répétés et
l'exposition à la violence réelle ou virtuelle. Pour eux, l'activité d'écriture
est un traitement choc dont ils tireront bénéfice triplement à moyen terme
(leur petite copine) et à long terme (leurs enfants).
- Témoins. Les témoins doivent
découvrir leur pouvoir d’intervenir, apprendre à dissuader les agresseurs,
appuyer les victimes, briser leur impuissance, leur complaisance ou leur
indifférence.
Chaque élève joue, à divers moments, un rôle différent selon qu'il est en
classe, dans l'autobus, à la maison avec ses parents, ses frères et ses soeurs,
avec son copain ou sa copine, à l'école, avec sa gang. En impliquant V, A et T dans cette
activité d’écriture, nous touchons tous les élèves et les aidons à construire
des passerelles entre eux et avec nous.
Tous les élèves peuvent et doivent utiliser leur imagination. Saisir le rapport
entre ce qu’ils subissent, ce dont ils sont témoins et ce qu’ils imposent à leur
entourage.
L'activité d'écriture vise à toucher les jeunes intellectuellement
et émotionnellement. Contrairement aux médias qui veulent accrocher des consommateurs
pour leur faire avaler des annonces publicitaires, l'école veut produire des CITOYENS,
des personnes responsables, soucieuses du bien commun. Voilà pourquoi chaque
élève choisit la situation qui le rejoint, cherche sa solution et la met par
écrit pour la rendre articulée et comprise par d’autres.
L'important, lors de la réalisation de l’activité d’écriture, c'est que
personne, NI ÉLÈVE, NI ENSEIGNANT, ne la perçoive comme une activité facultative,
de loisir ou de divertissement. Personne n'a le choix de faire ou non
l'activité d'écriture.
En dernier recours, les élèves récalcitrants auraient à expliquer (20 lignes ou
plus, comme les autres) pourquoi ils refusent de participer à cette activité
d'écriture.
Jacques Brodeur
On organise un grand remue-ménage dans ton école. On
constate que, chaque année, la violence fait perdre à plusieurs victimes le
goût de venir à l’école et, parfois même, le goût de vivre. Les agresseurs sont
eux aussi, souvent, victimes de certaines formes de violence à la maison, dans
le sport, dans la gang, etc. Les parents et le personnel de ton école veulent
éliminer les formes de violence les plus dommageables et te posent trois
questions. 1) La violence est-elle vraiment un problème important dans ton
école ? 2) La violence, verbale ou physique, peut prendre plusieurs
formes : harcèlement, insultes, vandalisme, bagarres, intimidation, rejet,
etc. À quelle forme de violence faut-il s’attaquer de toute urgence ? 3) Quels
moyens suggères-tu pour enrayer cette forme de violence? Ces moyens peuvent
s’adresser aux victimes, aux agresseurs, aux témoins et au personnel de
l’école.
Au cours
de l’été dernier, on a beaucoup parlé de CHOI-FM. Un animateur vedette avait
été engagé par la station pour augmenter les cotes d’écoute en exploitant
quatre ingrédients de marketing : la diffamation, l’homophobie, le racisme
et la misogynie. Menacée de fermeture, la station a invité ses auditeurs à
« crier liberté partout ». La liberté d’expression donne-t-elle le
droit de dire n’importe quoi et d’insulter n’importe qui ? L’écoute de cet
animateur a-t-elle incité des auditeurs à être plus aimables avec leurs
parents, avec leurs amis et amies ? Un tel langage serait-il autorisé dans
une école ? Les élèves et les professeurs devraient-ils avoir une liberté
d’expression semblable à cet animateur vedette ? La station de radio
a-t-elle enrichi le mot Liberté ou l’a-t-elle souillé ? Les supporteurs de
la station prétendent que la fermeture de la station vise à étouffer l’enquête
sur la prostitution juvénile. Crois-tu que la meilleure façon d’obtenir la
poursuite de cette enquête est celle utilisée par la station ? Comment
pourrait-on y arriver autrement ? Le journal veut publier tes réponses à
ces questions.
Chaque année, au Québec, plus
de 8 000 femmes et enfants doivent s’enfuir de leur propre domicile parce qu’un
conjoint ou un père les fait souffrir et les menace. Or, les gouvernements
québécois et canadien refusent de fournir des refuges. Tu écris un message aux
premiers ministres Charest et Martin pour leur demander de financer des maisons
où ces personnes pourront trouver refuge, en cas de danger !
Dans les jours qui ont
suivi le 11 septembre 2001, sous le choc, plusieurs ont réclamé vengeance. Pour
punir les responsables de la mort de milliers d’innocents, le Président des
Etats-Unis a envahi l’Afghanistan et l’Iraq. Des milliers de victimes innocentes
ont été privées d’eau, blessées, tuées. Cette violence nourrit la haine qui s’abreuve
à deux sources : la souffrance et le sentiment d’impuissance. C’est parmi les
millions de gens qui souffrent que les organisations terroristes recrutent des
milliers de membres prêts à donner leur vie. On te donne l’occasion de
conseiller le Président des Etats-Unis qui vient d’être réélu. Que lui
recommandes-tu?
Un
chercheur japonais vient de faire une découverte stupéfiante. Les jeunes qui
passent leur temps sur des jeux vidéo développent une lacune, leur lobe frontal
s’atrophie. Le jeu les entraîne à répondre à un stimulus le plus rapidement
possible, sans réfléchir. Il a comparé l’activité cérébrale de jeunes
qui jouent à DOOM et Vice City à d’autres jeunes qui tentent de résoudre des
problèmes mathématiques. La différence est flagrante. Pas grave ? Le lobe
frontal est le centre de prises de décision, c’est là que l’on choisit de poser
un geste ou de ne pas le poser. Selon le chercheur, cette découverte prouve que
la violence juvénile ira en augmentant
dans nos sociétés « civilisées ». Qu’en penses-tu?