Communiqué 

Bilan préliminaire

« DÉFI de la Dizaine sans télé ni jeux vidéo »

Relevé dans 3 écoles du 19 au 28 avril 2005

 

577 élèves sur 1159 ont réussi à vivre 10 jours sans télé ni jeux vidéo. Leur qualité de vie a connu une amélioration sensible. Les parents, les enfants et les enseignants témoignent des changements survenus grâce à ce DÉFI.  

 

 

Nom de l’école

Population totale

N. d’élèves ayant réussi les 10 jours

Total de jours ou heures récupérés

Les Bocages,

St-Augustin, Qc

392 de maternelle à 4e

154 (39%)

2731 j. (m=6,97)

Du Bois-Joli,

Trois-Rivières, Qc

327 de mat. à 6e

131 (40%)

2432 j. (m=7,44)

Des Pionniers,

Orléans, Ontario

432 de jardin à 6e

    292 (68%)

5904 h.

(réduction : 13,7h/élève)

Total

1159 élèves de  3 écoles primaires

    597 (51,5%)

 

Note. Le total de jours récupérés dans une école comprend la contribution de tous les enfants, y compris ceux qui ont réussi moins de 10 jours, même une seule journée. Les heures récupérées comprennent celles des enfants qui n’ont jamais réussi une journée complète mais ont réduit leur consommation un peu chaque jour.  

 

 

Lorsqu’une majorité d’élèves d’une même école décident,

avec l’aide de leurs parents, de fermer la télé, que se produit-il ?

 

C’est ce qu’ont voulu vérifier des centaines de parents et d’enfants des écoles Les Bocages, du Bois-Joli et des Pionniers. Ils se sont inspirés de l’étude menée par le docteur Tom Robinson, de l’Université Stanford, en Californie, qui a mesuré l’impact d’une réduction de la consommation de télé, de jeux vidéo et d’ordinateur sur la violence physique (-40%) et verbale (-50%). (1) Dans les familles où l’on a relevé le DÉFI, des changements se sont produits. On  ne libère pas 25 heures de consommation cathodique sans découvertes. Dans les 3 écoles en question, au cours du mois de mai, l’impact du DÉFI sera évalué par les enfants, les parents et le personnel. Les résultats seront compilés et rendus publics en juin.  

 

Jeudi après-midi le 28 avril, dans 3 écoles, on a célébré la fin de ce jeûne télévisuel. Les médias ont pu recueillir les témoignages des enfants, des membres du personnel et des parents qui ont pu se joindre à la célébration. Le Soleil, Le Nouvelliste et Le Droit ont rapporté des témoignages émouvants de parents, d’enfants et de membres du personnel enseignant des 3 écoles ayant relevé le DÉFI. L’émission radio-canadienne IMPACT, en Ontario-Outaouais, a réalisé un téléreportage éloquent. Jeudi, le 19 mai,  à l'émission de radio « 275-Allo », on proclamait Valérie Lapointe, 3e année, « Étoile du jour » pour avoir réussi 8 jours.

 

Bravo aux enfants, aux parents qui les ont accompagnés et au personnel des écoles qui ont guidé leurs élèves à ces résultats, un jour à la fois. Le jour de la clôture, une enseignante déclarait : « J’étais réticente lorsque j’ai pris connaissance du DÉFI, mais je dois reconnaître aujourd’hui que c’est un des plus beaux moments de ma carrière ».

 

Source : EDUPAX, Jacques Brodeur, 418-932-1562

Références :

École Les Bocages, St-Augustin, Madame Nathalie Lavallée, directrice, 418-877-2733 ou 8003

École du Bois-Joli, Trois-Rivières, Madame Nicole Proulx, directrice, 819-374-6951, poste 2146

Écoles des Pionniers, Orléans, Monsieur Mario Asselin, directeur, 613-837-5595

 

 

(1) Article de Tom Robinson dans le Journal de l’American Medical Association. http://www.edupax.org/Assets/divers/documentation/4_defi/SMARTAggressivity.pdf

 

Pourquoi fermer la télé ?

*  On croit généralement que la télé existe pour fournir des émissions au public. Et si c’était faux. La télé est essentiellement une entreprise qui vend des spectateurs à des annonceurs. Patrick Le Lay, PDG de la grande chaîne privée française TF1 (l'équivalent de TVA), déclarait l'an dernier que le rôle de la télévision était essentiellement de vendre à Coca-Cola « du temps de cerveau humain disponible ». Sa déclaration a fait scandale en Europe. Paul Cauchon, Le Devoir, édition du lundi 25 avril 2005. http://www.ledevoir.com/cgi-bin/imprimer?path=/2005/04/25/80175.html

 

*  La télé cherche constamment à augmenter ses cotes d’écoute. Producteurs et responsables de la programmation savent que l’augmentation de l’auditoire fera augmenter les revenus publicitaires. Les annonceurs paieront plus pour atteindre un auditoire plus vaste. La télé est avant tout une entreprise qui vend des auditeurs aux commanditaires. Pas de surprise lorsqu’on constate que les messages publicitaires ont coûté jusqu'à 10 fois plus à produire que l’émission que nous regardons.

 

*  Le nombre d’enfants aux prises avec des troubles de comportement a plus que triplé entre 1985 et 2000. Parmi les facteurs qui ont favorisé cette hausse, la télé et les jeux vidéo.

 

*  Les enfants consomment en moyenne 25 heures de télé, jeux vidéo et ordinateur par semaine.

 

*  Les doses de violence télédiffusée ont augmenté de 432% en 8 ans, selon des chercheurs de l’Université Laval. Plus de 85% des actes de violence sont maintenant diffusés avant 21 heures.

 

*  Les enfants, surtout les garçons, constituent une cible privilégiée parce que vulnérables. Les émissions qui leur sont destinées en contiennent de 3 à 6 fois plus que les émissions pour adultes. 

 

*  Les agences de marketing cherchent constamment des failles dans la protection légale et familiale des enfants. Elles sont à l’affût de leurs moindres vulnérabilités psychologiques, affectives et sociales. Plusieurs études ont constaté une dépendance à la télé chez un nombre croissant d’enfants. Le sevrage est-il possible ?

 

*  Le fait que la pub destinée aux moins de 13 ans soit interdite au Québec ne leur garantit pas une protection étanche. La loi n’a pas empêché Hasbro d’utiliser le « placement de produit » pour vendre ses jouets : Tortues Ninja, Pokémon, GI Joe, Transformers, etc. Le télédiffuseur Télétoon a installé son antenne en Alberta pour échapper à la loi québécoise et vendre nos enfants légalement à des annonceurs. Les émissions produites par Hasbro, comme celles diffusées par Télétoon, comportent un nombre record d’agressions.

 

*  C’est à des fins commerciales que la violence est utilisée. Les enfants états-uniens encaissent 30 000 messages publicitaires par année. Les petits francophones du Canada probablement moins.

 

*  Avec les jeux vidéo, les jeunes nord-américains ne se contentent plus de regarder, ils peuvent maintenant s’amuser à commettre les crimes. Au cours de la dernière décennie, les producteurs de jeux vidéo ont utilisé une  violence de plus en plus graphique et cruelle pour capter, captiver et capturer un auditoire de plus en plus jeune. Ces jeux sont de véritables simulateurs de crimes et de meurtres.   

 

*  Plusieurs enfants ont développé une dépendance à la stimulation provoquée par ces jeux. Toutes les études ont démontré que ces jeux affectent le développement mental des enfants et des ados. « Videogames give kids and teens the will, the skill ans the thrill to kill » affirme Dave Grossman, psychologue retraité de l’armée des États-Unis et directeur du Killology Research Group. http://www.killology.com/  

 

*  Les jeunes Québécois commettent 2 fois plus de crimes violents que les adultes. Le nombre de crimes contre la personne ne cesse d’augmenter alors que les crimes contre la propriété diminuent.

 

*  L’incitation au crime ne constitue que la toute petite pointe de la banquise étant donné que relativement peu de jeunes deviendront criminels. Mais la grande majorité des enfants développera une désensibilisation à la violence subie et commise autour d’eux. Et c’est ce facteur qui favorise la détérioration des rapports entre enfants, qui réduit leur pouvoir d’empathie. Tous sont touchés.