Campagne
pour contrer la téléviolence
Décoder
la téléviolence avec les élèves du secondaire, une tâche pédagogique
incontournable
Guide
pédagogique à l’intention des enseignantes et des enseignants du secondaire
Février
2003
L’utilisation du seul
masculin pour désigner l’un ou l’autre sexe
n’a de but que d’alléger
la lecture de ce texte.
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Conception : Jacques Brodeur Couverture : Maryse
Roberge Service
des communications Secrétariat : Roxane
Richard Coordination : Johanne Dugré, Daniel Martin Secteur
de l’adaptation scolaire Service
des ressources éducatives Commission
scolaire de Montréal |

Chers enseignantes et enseignants du secondaire,
La violence véhiculée par la télévision
et les jeux vidéo affecte vos élèves bien avant leur adolescence. On l’utilise
de façon abusive comme ingrédient de marketing dans les vidéo clips, dans les
films et dans les jeux vidéo. La téléviolence présente aux garçons des modèles
d’êtres insensibles, forts et orientés vers la brutalité. Elle propose aux filles
des modèles centrés sur l’apparence, la soumission et leur confère un rôle de
victimes. Ces modèles n’inspirent pas tous les jeunes de la même façon, mais
ils influencent tout le monde directement ou indirectement. La consommation
massive de téléviolence favorise le passage à l’acte chez les plus agressifs,
elle invite les victimes à la soumission, elle incite les témoins à la
passivité. La téléviolence affecte donc toute la population étudiante. Elle colore
non seulement les rapports des jeunes entre eux, mais aussi, forcément, avec le
personnel de l’école. Parfois soumis à diverses formes d’irrespect, témoins
d’attitudes verbales intolérantes, les pédagogues en viennent à investir des
énergies accrues pour assurer un climat propice à l’apprentissage.
On ne peut pas
limiter les efforts pour contrer la téléviolence aux seules démarches auprès
des décideurs politiques. Il faut aussi éveiller les jeunes à l’impact de leur
consommation télévisuelle. Le présent outil servira à développer leur sens
critique, leur liberté d’expression et leur empathie. En sensibilisant nos
ados, en attirant leur attention sur les effets de la téléviolence sur leurs
cadets du primaire, en leur offrant de renseigner les parents sur cette
question, en les rendant conscients des modèles imposés par les industries
culturelles, nous rendrons la vie scolaire plus riche, plus éducative, nous
réduirons les risques d’épuisement chez le personnel et nous collaborerons à
assurer un avenir viable pour les générations actuelles et futures.
Nous souhaitons que le plus grand
nombre de pédagogues possible vivent les activités proposées dans le présent
cahier au cours du mois d’avril. Nous vous remercions de participer à cette
opération d’envergure menée dans toutes les commissions scolaires du Québec
pour contrer les effets de la téléviolence. Cette campagne, il vaut de le
rappeler, s’inscrit dans le plan d’action lié à l’objectif de prévention de la
violence qui avait réuni les employés de la Commission scolaire de Montréal au
Centre Molson le 6 décembre 1999. Sans aucune obligation de leur part, nos
élèves du secondaire se verront offrir la possibilité de signer la même
pétition que celle qui sera proposée aux parents du primaire. Les élèves qui
voudront recueillir des signatures de membres de leur entourage pourront
également le faire.
Nous espérons que vous trouverez
plaisir à partager ces réflexions avec vos élèves,
Marcellin Noël
Président du Comité exécutif de la
Commission scolaire de Montréal
Les activités proposées ici visent à ce que les jeunes
développent une distance critique face à une certaine culture qui tend à
désensibiliser les garçons et les filles aux conséquences de leurs actes en
leur imposant des modèles qui nuisent à leur santé et à leur sécurité. Ces
activités peuvent être réalisées dans les cours de français, en enseignement
moral ou religieux, en arts plastiques ou encore lors des cours d’anglais
langue seconde.
Activité 1. Préparation d’un message publicitaire
Cette activité vise à impliquer les élèves du secondaire
dans l’action de sensibilisation menée auprès des parents quant à l’importance
de protéger les enfants contre les divertissements violents.
Le thème proposé est : « Nos
enfants à l’abri de la téléviolence».
Pour sensibiliser les élèves à cette responsabilité
parentale, nous suggérons une lecture en classe du texte de la pétition (page
11) et de l’argumentaire qui l’accompagne (trois copies de ce document ont été
transmises à la direction de votre école).
Les productions peuvent prendre la forme d’une affiche,
d’une annonce de journal (pleine page) ou d’une annonce radiophonique de 30
secondes. Nous vous incitons par ailleurs à diffuser largement les productions
de vos élèves dans votre école! Les
affiches les plus intéressantes peuvent aussi être transmises au centre
administratif à l’attention de monsieur Jacques Brodeur à l’adresse mentionnée
dans l’encadré de la page suivante.
Elles serviront à décorer le lieu où se tiendra la cérémonie de dépôt
des pétitions. Quelques-unes seront
intégrées au site Internet de la Commission scolaire de Montréal.
De plus, dans le cadre des échanges sur le texte de pétition
de la page 11, les élèves peuvent être invités, sans obligation aucune, à la signer
et à convier leurs parents et des membres de leur entourage à en faire autant.
Activité 2. Situation d’écriture
Les situations soumises pour le 1er cycle (page 6)
et le 2e cycle (page 8) permettront aux élèves de formuler des
alternatives aux modèles sexistes et violents proposés par la télévision ou
encore par certains jeux vidéo, vidéo clips et films.
Par cette activité, l’élève est invité à développer son sens
critique, son pouvoir d’empathie et sa liberté d’expression, trois éléments
essentiels à l’exercice de sa responsabilité civique.
Nous vous proposons de lire avec vos élèves la page qui
correspond à votre cycle et d’échanger avec eux sur chacune des situations.
Invitez ensuite vos élèves à résoudre la situation de leur choix de façon
originale, ingénieuse et efficace.
Vous pouvez enfin préciser à vos élèves que leurs textes
seront utiles à divers moments au cours de la « Campagne pour contrer la
téléviolence ». Vous pourrez en effet transmettre les productions écrites
à BrodeurJa@csdm.qc.ca pour
qu’elles soient affichées, entre autres endroits, sur le site Internet de la commission
scolaire.
Lors
de cette activité, les élèves de votre groupe reçoivent en devoir le questionnaire
apparaissant en page 10 et sont invités à faire compléter le document par
quelques personnes de leur entourage.
Au
retour des questionnaires, vous procédez, avec la collaboration de vos élèves,
à la compilation des résultats. Invitez ensuite ces derniers à prendre connaissance
du texte de la pétition (page 11) et à discuter de son contenu, à la lumière
des résultats cumulés. L’argumentaire dont
trois copies sont disponibles à l’école pourrait également être utilisé pour
alimenter le débat.
Au
terme de la discussion, vous invitez vos élèves à signer la pétition, s’ils le
souhaitent, leur rappelant que les élèves du secondaire, à titre de citoyens,
de membres d’une famille ou de futurs parents, sont en mesure de juger si les
enfants en bas âge méritent ou non d’être protégés contre la téléviolence.
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Suite à l’animation des activités
qui comportent la signature de la pétition, l’école est priée d’acheminer les
feuillets à l’adresse suivante : À l’attention de Monsieur Jacques Brodeur Centre administratif CSDM
— 3e ouest Secteur de l’adaptation scolaire 09 - 415000 ·
Des copies de tous les documents
cités sont disponibles sur le site de la prévention de la violence de la
Commission scolaire de Montréal http://www.csdm.qc.ca/pv |
Situations
d’écriture présentées aux élèves du 1er cycle du secondaire
Situation 1. Loi contournée.
Le
Québec est le seul territoire d’Amérique où l’on interdit la publicité destinée
aux enfants et ce, depuis 25 ans. VRAK-TV (anciennement Canal-Famille) ne peut
donc diffuser de messages publicitaires puisque la chaîne a pignon sur rue au
Québec. En 1999, une chaîne rivale, Télétoon, choisit de s’établir en Alberta,
obtenant ainsi la possibilité légale de vendre du temps d’antenne à des
commanditaires qui veulent rejoindre les jeunes francophones canadiens, très
majoritairement québécois.
Réunis
pour un débat sur la question, quatre experts se prononcent.
v Un
premier juge le procédé de Télétoon immoral et invite les parents à cesser de
regarder cette chaîne.
v Un
deuxième invite le gouvernement du Québec à retirer sa loi parce qu’elle fait
fuir des entreprises.
v Un
troisième suggère au gouvernement canadien d’interdire la publicité aux enfants
d’un océan à l’autre pour éviter qu’un télédiffuseur puisse s’installer dans
une province dans le but de désobéir aux lois de la province voisine.
Tu es le quatrième expert à prendre
la parole. Que dis-tu?
Situation
2. Protection des enfants
Depuis
1989, la majorité des pays du monde ont signé la « Déclaration des Droits
de l’enfant ». Par ailleurs, l’article 17 de la « Convention des
Droits de l’enfant » oblige les gouvernements du monde « à protéger les enfants contre les émissions
ou films qui nuisent à leur bien-être». Or, certaines émissions présentent
aux enfants des modèles qui nuisent à leur santé et à leur sécurité. Les héros
mâles sont souvent des brutes musclées et sans cœur, alors que les héroïnes n’ont
de place que si elles sont belles et « sexy », lorsqu’elles ne sont
pas simplement des victimes. La violence y est enfin présentée comme un mode
acceptable de résolution des conflits.
Dans
le contexte d’une révision des lois encadrant les télédiffuseurs, le
gouvernement te demande de nommer trois ou quatre émissions qui nuisent au
bien-être des enfants. Prépare ta liste avec les raisons qui motivent tes
choix.
Situation 3. Dix jours de rêve
Dans une école
de San José, en Californie, les élèves ont décidé, avec l’aide de leurs
parents, de passer dix jours sans télévision ni jeu vidéo. Dix jours à écran fermé.
Résultat ? La violence à l’école a diminué de moitié. Parents et enfants
sont étonnés, mais enchantés de cette conclusion. Crois-tu que des jeunes de
ton école pourraient relever un tel défi? Par quoi remplaceraient-ils la télé?
On t’invite à venir
rencontrer un groupe de parents d’élèves de ton ancienne école primaire pour leur
proposer de lancer ce défi à leurs enfants. Quels arguments pourraient-ils
utiliser pour motiver ceux-ci à le faire ? Par quelles activités leur suggérerais-tu de remplacer la télé?
Situation 4. Ingrédient commercial
Une
compagnie spécialisée dans la production de jouets utilise des émissions
complètes pour annoncer ses produits auprès des jeunes enfants. Depuis 1980,
elle a bourré de scènes d’explosion, de terreur, de combats martiaux et de
massacres les émissions de télé dérivées des produits qu’elle
commercialise. Elle le fait pour capter
l’attention des enfants, les manipuler et, surtout, influencer leur liste de
cadeaux de Noël. Résultat ? Grâce à des jeux du type de « Pokémon »,
« Power Rangers », « Ninja Turtles » , pour ne nommer que
ceux-ci, cette compagnie enregistre année après année des profits
considérables. Ceux récoltés par les enfants sont d’un tout autre ordre. Non seulement ces émissions sont-elles parmi
les plus violentes présentées à la télévision, mais les modèles proposés aux
petits garçons sont aussi fortement stéréotypés : les héros masculins sont
forts, insensibles et exterminateurs. Ils ne peuvent résoudre un conflit
pacifiquement.
Le
journal de ta localité, intéressé par cette problématique, te demande un
article sur l’influence de ce type d’émissions sur le budget des parents et le
comportement des jeunes.
Situation 5. Initiation à la cruauté.
On
demandait récemment à des élèves de sixième année quelle émission de télévision
contribuait le plus à enseigner la cruauté et la grossièreté aux enfants. Les
trois réponses les plus fréquentes ont été : « Les Simpsons »,
« South Park » et les émissions de lutte.
Lors
d’une fête de famille, une discussion s’amorce sur ce genre d’émission :
un oncle prétend, avec une certaine fierté, que ses enfants connaissent tous
les lutteurs par leur nom, qu’ils se pratiquent, les fins de semaine, à exercer
certaines de leurs « prises »… Certains adultes acquiescent, d’autres
déplorent. Pendant ce temps, deux de tes cousins s’amusent à reprendre les
insultes de « Cartman » et de « Bart Simpson ». Ta jeune
sœur de huit ans les écoute, intriguée…
Situation 1. Valérie accuse
Valérie
a vu un clip vidéo d’un certain artiste où une femme enceinte est enfermée dans
le coffre d’une voiture. Un homme, son conjoint, conduit ensuite l’auto jusqu’à
la rivière pour y noyer sa victime. D’autres chansons du même artiste traitent
les femmes de noms orduriers et humiliants. Valérie soutient que ce garçon
misogyne fait la promotion de la haine contre les femmes. Elle affirme que si
les mots dégradants utilisés pour qualifier les femmes étaient remplacés par
des propos injurieux reliés à la religion, la race ou l’origine ethnique,
aucune compagnie n’aurait accepté de mettre ses disques sur le marché.
Tu
écris à Valérie pour l’encourager dans son combat pour interdire l’utilisation
de la misogynie comme ingrédient commercial. Que lui dis-tu?
Situation 2. Financement nécessaire
La
violence prend plusieurs formes… Chaque année, au Québec, plus de huit mille
femmes et enfants doivent s’enfuir de leur propre domicile parce qu’un conjoint
ou un père les fait souffrir et les menace. Or, ces refuges souffrent d’un
sous-financement chronique. Sensibilisé à la question, tu considères que le
gouvernement devrait créer davantage de maisons où ces personnes pourront
trouver refuge et également les soutenir adéquatement. Certes, il y a une
question de budget à prendre en compte.
D’un
autre côté, tu sais que plusieurs compagnies tirent des profits faramineux de
la consommation de la violence : des producteurs et distributeurs de
films, jeux vidéo, jouets et autres produits violents; des participants à
l’industrie de la pornographie, etc… Tu imagines quel montant générerait
l’imposition d’une surtaxe de 1 $ pour toute location de film violent?
Tu
écris au Premier ministre. Tu lui
présentes une cause humanitaire ou sociale qui te tient à cœur et lui suggères
des moyens de financement qu’il pourrait utiliser pour soutenir cette cause.
Situation 3. Spectateurs hurleurs
Récemment,
un reportage radiophonique décrivait le comportement agressif de certains
spectateurs accompagnant leur enfant lorsqu’il ou elle va jouer au hockey:
on rapportait même que des parents avaient menacé des arbitres et des
entraîneurs. Ces quelques parents, sans doute assoiffés de victoire, ne
poussent-ils pas leurs petits à la violence?
Par
ailleurs, on déplore une augmentation du nombre d’enfants blessés lors des
matches. Le professeur Dany Bernard, expert en hockey de l’Université Laval,
croit que « la télédiffusion des matches de la Ligue nationale influence
les enfants et pollue le plus beau sport au monde ». Quelle attitude
faut-il adopter avec les joueurs et les spectateurs violents? On t’invite à donner une conférence aux télédiffuseurs
sur le sujet.
Situation 4.
Célébration extrême
Il
arrive parfois que les journaux nous racontent que des milliers de personnes
ont célébré un championnat sportif en fracassant des vitrines, en renversant
des autos ou en pillant des magasins. Lors de ces événements, les jeunes sont
rapidement pointés du doigt. Certains « experts » disent que les parents
n’élèvent plus leurs enfants. D’autres disent que certains jeunes, repoussés et
exclus, prennent leur place de cette triste façon pour attirer l’attention.
D’autres encore accusent l’alcool et la drogue. D’autres, enfin, prétendent que
la télé, les jeux pour enfants et les divertissements consommés par les ados
présentent la violence comme un objet de plaisir, un loisir, une distraction,
une espèce de sport extrême.
Qu’en
dis-tu ?
Situation 5. Machos violents
La
lutte télévisée est un spectacle qui amuse des enfants de ta famille, de ton
voisinage, de ta classe. Elle influence aussi plusieurs d’entre eux. Les jours
de congé, ils se réunissent et imitent les héros de la WWF. Les personnages
masculins qui y évoluent sont grossiers, idiots et utilisent une violence
primaire et dangereuse et même, parfois sans autre raison que par plaisir. Et que dire de l’image de la femme que ce
genre d’émission offre à la foule adulte? Pourtant, la compagnie « Toys
‘R’ Us » vend des poupées à l’effigie des lutteurs.
Tu
écris au président de cette chaîne pour l’inviter à prendre position sur la
violence présentée aux enfants lors des émissions de lutte et sur la
commercialisation des jouets reliés à des divertissements violents.
Enquête à
réaliser dans le milieu
Pour chacun des items
qui suivent, répondez en cochant l’énoncé
qui correspond le plus à ce que vous croyez vraiment
1.
Croyez-vous que la violence est un problème…
a. ( ) qui augmente ?
b. ( ) stable ?
c. ( ) qui diminue?
2.
Croyez-vous que la violence verbale entre
jeunes (impolitesse, vulgarité, agressivité)…
a. ( ) augmente ?
b. ( ) est stable ?
c. ( ) diminue ?
3.
Selon vous, la violence à la télé et dans les
jeux vidéo influence les enfants…
a. ( ) Beaucoup d.
( ) Pas du tout
b. ( ) Assez e.
( ) Je ne sais pas
c. ( ) Peu
4.
L’école doit protéger sa population contre la
violence. Les télédiffuseurs…
a. ( ) devraient contribuer aux efforts de prévention de la violence.
b. ( ) ne peuvent rien faire pour contrer la violence.
c. ( ) Je ne sais pas.
5.
Puisque la télé présente la violence aux
enfants comme un mode acceptable de résolution des conflits, plusieurs
personnes réclament qu’on l’interdise dans les émissions pour enfants. Qu’en
pensez-vous ?
a. ( ) Je suis d’accord
b. ( ) Je ne suis pas d’accord
c. ( ) Je ne sais pas
6.
Depuis 20 ans, la téléviolence augmente chaque
année. On demande que les films de grande violence ne puissent débuter avant 22
heures. Qu’en pensez-vous ?
a. ( ) Je suis d’accord
b. ( ) Je ne suis pas d’accord
c. ( ) Je ne sais pas
7. Dans
certaines écoles, on veut lancer aux enfants un défi, celui de vivre sans télé
ni jeu vidéo pendant 10 jours. Seriez-vous prêt à aider les enfants que vous connaissez à relever ce défi ?
a. ( ) Oui
b. ( ) Non
c. ( ) Pas de réponse
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Pétition pour
contrer la téléviolence |
Au cours des 15 dernières années, pendant que les crimes
contre la propriété diminuaient, les crimes contre les personnes n’ont
pratiquement pas cessé d’augmenter.
Plus de mille recherches ont établi un lien causal entre la téléviolence
et le comportement de jeunes. L’incitation à la violence propagée par la
télévision et divers véhicules
culturels, tels que jeux vidéo, jouets, films vidéo, vidéoclips, musique, est
devenue monnaie courante. Diverses organisations professionnelles du monde de
la santé et la communauté scientifique ont publié des déclarations éloquentes à ce sujet.
Or, depuis 1987, plusieurs campagnes de sensibilisation ont
été réalisées pour réduire la
télédiffusion de la violence auprès des jeunes. Malgré un vaste appui de la
population, les démarches dirigées vers le gouvernement fédéral et auprès des
diffuseurs n’ont pas donné les résultats escomptés. En décembre 1999, le
quotidien La Presse publiait les résultats d’un sondage indiquant que la
population était favorable à l’élimination de la violence dans les émissions de
télé pour enfants (82%) et appuyait l’idée d’interdire les films violents avant
22 heures (85%).
En 1994, devant la montée du mécontentement populaire, le
gouvernement canadien a invité les télédiffuseurs à s’autoréglementer. Sept ans
plus tard, des chercheurs de l’Université Laval constatent que les actes de
violence physique diffusés avant 21 heures ont augmenté de 432% dans les
réseaux privés québécois.
De toute évidence, les campagnes de sensibilisation donnent des
résultats positifs, mais éphémères, lorsqu’elles ne sont pas accompagnées d’une
réglementation claire.
Par conséquent, nous exigeons une réglementation permanente
sur la téléviolence, obligeant les télédiffuseurs à coopérer avec les parents,
les écoles et l’ensemble de la société aux efforts de prévention de la
violence.
Nous, soussignés,
réclamons du Gouvernement du Canada une réglementation
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Signature |
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