
Jusqu’au 30 mai, à la CSDM et à travers le Québec :
Montréal, le 23 avril 2003. – Aujourd’hui à l’école primaire Madeleine-de-Verchères,
neuf organismes représentant le monde de l’éducation et de la santé lancent une
vaste campagne pour contrer la téléviolence, à l’initiative de la Commission
scolaire de Montréal (CSDM). Cette campagne s’étendra jusqu’au 30 mai prochain
et couvrira vraisemblablement l’ensemble du Québec grâce à la Fédération des
commissions scolaires, à la Fédération des comités de parents et à la Centrale
des syndicats du Québec. Les autres organismes sont : la Direction de la
santé publique de Montréal-Centre, le Collège des médecins, l’Ordre des
psychologues, l’Association des médecins psychiatres, l’Association des
pédiatres et le Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques.
Cette campagne
pour contrer la téléviolence s’inscrit au cœur des efforts déployés pour
prévenir la violence chez les jeunes. Elle s’articule autour de quatre
volets :
• Un dépliant décrivant l’influence de la téléviolence et
l’importance du palier de gouvernement « familial » dans la
protection des enfants sera remis aux parents et aux élèves.
• Des résolutions en appui à la campagne adoptées par divers
partenaires, comportant deux revendications qui seront présentées au
gouvernement fédéral :
- le bannissement des ondes publiques des émissions pour enfants qui présentent
la violence comme un mode acceptable de résolution des conflits ;
- le report
après 22 heures des émissions et films de grande violence.
• Une pétition sera mise en circulation auprès de la population, des
parents du primaire et des élèves du secondaire.
• Des activités pédagogiques seront
réalisées au primaire et au secondaire pour éveiller le sens critique et la
liberté d’expression des élèves.
Un enjeu de santé et de sécurité
publiques
La télévision
influence-t-elle vraiment les jeunes ? Pour tous les organismes participants,
l’augmentation de la violence chez les jeunes est bien réelle,
et la téléviolence y contribue de façon majeure. Les risques qu’elle fait courir à un nombre grandissant d’enfants ont des
répercussions sur le sentiment de sécurité de l’ensemble
de la société. En occupant leur imaginaire et
en accaparant leurs
temps libres, la téléviolence
affecte le comportement des enfants et, forcément, le climat de l’école, de l‘apprentissage,
et les conditions de travail du personnel.
Dans un avis
émis en février 2001, le Conseil supérieur de l’éducation abonde dans le même
sens. Selon cet avis, l’exposition répétée à la violence des médias figure au
premier plan parmi les facteurs pouvant expliquer que le nombre d’élèves du
primaire souffrant de troubles du comportement a triplé depuis 1986, soit en 15
ans.
Par ailleurs, ce n’est pas la première fois que le public réclame du
gouvernement fédéral une gestion responsable de l’utilisation des ondes
publiques. Déjà, en 1989 et en 1993, des campagnes avaient mobilisé des
centaines de milliers de personnes pour revendiquer une intervention des
pouvoirs publics. En 1994, les télédiffuseurs avaient promis de
s’auto-réglementer. Résultat ? La violence s’est depuis accrue de 432 % dans
les réseaux privés québécois. Lors d’un sondage mené en 1999, 82 % de la
population se disait favorable à l’élimination de la violence dans les
émissions pour enfants, tandis que 85 % appuyait l’idée de reporter la
diffusion des films violents à 22 heures.
Doit-on s’inquiéter d’un retour de la censure ? Non, réglementer la
téléviolence ne nie en rien la liberté artistique des créateurs. Par exemple,
lorsque l’artisan se voit imposer des règles quant à la distance des barreaux
de lits pour bébé, oserait-on prétendre que sa liberté artistique est brimée ?
De la même manière, lorsque des transporteurs de matières dangereuses se voient
interdire certains tunnels ou que des automobilistes se voient imposer une
vitesse réduite près des écoles, la liberté de déplacement est-elle remise en
cause ?
Un engagement clair du gouvernement
fédéral
La campagne vise à fournir aux parents des moyens concrets d’intervenir
auprès de leurs enfants pour diminuer les effets négatifs de la téléviolence.
Également, elle vise à susciter dans les classes des interventions pédagogiques
sur ce problème. Enfin et surtout, pour permettre aux parents et aux écoles de
prévenir la violence, elle vise à obtenir l’appui de la population afin de
réclamer du gouvernement fédéral une réglementation permanente destinée à
protéger les enfants contre la téléviolence.
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Source : Jacques Brodeur et Claudette Lechasseur Renseignements : Claudette Lechasseur 596-6118, poste 6117 |
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