Logo edupax couleur

Prévention de la violence en milieu scolaire

« Empathie + sens critique + liberté d'expression
= responsabilité citoyenne »

logo defi
Bouton d'accueil Bouton EDUPAXBouton du défi Bouton conférences Bouton documentation
Retour à la catégorie >>>

Santé - Après le virage ambulatoire, celui de la jeunesse

Clairandrée Cauchy, Édition du vendredi 6 mai 2005


Après des années consacrées à mettre en place le virage ambulatoire et à adapter les services à la population vieillissante, les autorités de la Santé publique de Montréal souhaitent maintenant entreprendre un virage jeunesse.

C'est ce qu'a annoncé hier le directeur de la Santé publique de Montréal en rendant public son rapport annuel qui porte sur les 230 000 jeunes Montréalais âgés de 6 à 17 ans. «Au cours des dernières années à Montréal, on a plutôt mis l'accent sur les personnes âgées, sur le développement -- nécessaire -- en lien avec le virage ambulatoire. [...] Je pense qu'il faut maintenant regarder de façon plus spécifique les problèmes des jeunes», a déclaré le Dr Richard Lessard.

Reconnaissant par exemple que le nombre d'infirmières scolaires a été considérablement réduit au cours des dernières années, la Santé publique s'engage à revoir complètement l'offre de services de santé en milieu scolaire.

En rendant public un rapport basé sur une enquête menée auprès de 2500 jeunes, le Dr Lessard a pris soin de préciser que les 6-17 ans se portent relativement bien. La quasi-totalité des élèves interrogés, soit 98 %, estiment que leur santé est bonne ou excellente, ce qui est un bon indice de leur santé véritable, fait valoir le directeur de la Santé publique. «Nos enfants ne sont pas des problèmes. Mais il y a des jeunes qui vivent des problèmes. Globalement, l'image est toutefois assez bonne», a-t-il poursuivi.

Le rapport rendu public hier cible néanmoins plusieurs problématiques qui influencent leur santé. Montréal figure notamment parmi les villes canadiennes où la pauvreté frappe le plus les enfants : le tiers des élèves montréalais vivent sous le seuil de faible revenu alors que cette proportion grimpe à 63 % chez les immigrants arrivés récemment au pays.
Il s'agit d'un des principaux facteurs qui influencent la santé. On peut par exemple lier à certaines conditions de logement une partie des problèmes respiratoires vécus par 20 % des enfants.

Sur le plan des habitudes alimentaires, 15 % des élèves de secondaire V ne déjeunent pas, 77 % ne consomment pas suffisamment de lait (trois fois par jour) et 37 % ont un régime alimentaire qui ne comporte pas assez de fruits et de légumes. «On peut faire beaucoup mieux que ça en matière d'alimentation», a précisé le Dr Lessard, soulignant le lien direct avec l'obésité.
Toujours au chapitre des habitudes de vie, environ 45 % des élèves de secondaire III et V fument la cigarette. La marijuana est quant à elle consommée régulièrement («à peu près à chaque semaine») par 11 % des élèves de secondaire V; la proportion grimpe à 21 % en ce qui concerne l'alcool. Le rapport signale que ces substances semblent moins appréciées par les jeunes Montréalais que par ceux du reste du Québec tout en avançant l'hypothèse qu'elles ont moins la cote chez les jeunes appartenant à des communautés culturelles.

Sur la question de la sexualité, qui a fait couler beaucoup d'encre ces derniers temps, le rapport souligne que la protection contre les grossesses diminue entre les troisième et cinquième années du secondaire (de 83 à 74 % des jeunes sexuellement actifs). Les statistiques sont encore plus inquiétantes quant à la protection contre les MTS : seulement 74 % des jeunes portent le condom en secondaire III alors que cette proportion chute à 57 % en secondaire V.

Sur le plan de la santé mentale, les jeunes filles semblent éprouver beaucoup plus de difficultés que les garçons. En secondaire V, elles sont deux fois plus nombreuses à avoir une faible estime de soi (27 %, contre 13 % pour les garçons). Elles présentent également un taux beaucoup plus élevé de détresse psychologique (28 %, contre 11 % pour les garçons). «Les filles se comparent aux images projetées dans les publicités, aux personnes qu'on présente comme modèles. Cela peut créer de l'anxiété», a fait observer le Dr Lessard, soulignant par ailleurs que les changements hormonaux font en sorte que les filles gagnent de la graisse à l'adolescence alors que les garçons prennent du muscle.

La violence et le taxage inquiètent également les intervenants en santé publique. L'étude révèle que 69 % des parents d'enfants de la maternelle ont rapporté des épisodes de violence au cours de la dernière année. De plus, environ 16 % des enfants de quatrième année disent être souvent victimes de brimades. «Cela nous inquiète parce que, parmi les jeunes qui ont vécu un acte de violence, un sur trois présente un niveau élevé de trouble émotif ou de détresse psychologique pendant l'année scolaire, ce qui peut affecter leurs résultats scolaires», a expliqué le Dr Lessard.


| Accueil | Documentation |
(c) Copyright EDUPAX et Créations JBS - 2005 | Commentaires ou questions? Webmestre