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Prévention de la violence en milieu scolaire

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De la fiction au réel
Le Défi de la dizaine sans télé ni jeu vidéo

Corinne Laberge, 12 mai 2006, Hebdo Cités Nouvelles, Pierrefonds / Ile-Bizard / Dollard-des-Ormeaux
3677, boul. des Sources, Dollard-Des Ormaux, Québec, H9B 2T6, 514-685-4690


Tenir la télé, les jeux vidéo, de même que l’ordinateur fermés pendant dix jours: l’école primaire Pointe-Claire a relevé le défi.

Elle trône au milieu de nos salons, meuble nos temps libres et nous la fréquentons assidûment plusieurs heures par semaine. Qui pourrait se passer de la télévision pendant plus d’une semaine? Du 25 avril au 4 mai, les élèves de l’école primaire Pointe-Claire ont relevé le laborieux défi!
Un article paru récemment dans La Presse rapportait un de ces terribles drames reliés à la problématique de la violence à la télévision: un garçon de onze ans retrouvé pendu à une poutre au sous-sol, est mort en tentant de reproduire une scène du film qu’il regardait. Phénomène omniprésent aux formes toutes aussi variées que sournoises, l’abondance du contenu violent à la télévision et dans les jeux vidéo inquiète. Pour contrer cette réalité, les élèves de l’école primaire Pointe-Claire ont expérimenté une nouvelle approche en matière de prévention de la violence: tenir la télé, les jeux vidéo, de même que l’ordinateur fermés pendant dix jours.

Un cadeau pour la vie
Inspiré d’une étude menée en Californie, le Défi de la dizaine sans télé a été repris dans certaines écoles du Québec et de l’Ontario par Jacques Brodeur, mais il s’agit d’une première dans l’Ouest-de-l’Île et l’instigatrice du projet, Lise Leblanc, est convaincue de ses bienfaits. «C’est un cadeau pour la vie qu’on offre aux enfants car, en les amenant à trouver des activités alternatives plutôt que de se river devant l’écran, ils élargissent leurs horizons et s’ouvrent davantage aux autres, en se montrant plus sensibles et empathiques. Outre la diminution de la violence physique et verbale, nous pensons accroître la pratique d’activités physiques et créatives, en plus de contribuer à resserrer les liens familiaux et à enrichir la communication; car il semblerait que nos jeunes, qui passent hebdomadairement plus de vingt-cinq heures devant le téléviseur ne conversent, en moyenne, que trente-huit minutes par semaine avec leurs parents», rapporte l’enseignante en éducation physique.
Tel un entraînement olympique, le projet a nécessité une sérieuse préparation des écoliers qui, parce qu’ils ont vu leurs habitudes de vie bousculées, ont dû s’adapter pour passer à travers ces dix jours. Une élève de quatrième année, Marie-Hélène, admet que la télé occupe une large part de son temps: «Je la regarde le matin jusqu’à ce que l’autobus arrive, au souper en mangeant et durant la soirée. Je trouve ça difficile de m’en passer, surtout qu’il y a quatre téléviseurs à la maison! raconte la fillette, qui amorçait tout de même bien sa deuxième journée du défi, au moment de l’entrevue avec Cités Nouvelles. Pour sa part, Benjamin — un élève de première année — envisageait cette trêve de télévision comme l’occasion de passer plus de temps avec sa famille et ses amis. Et, lorsqu’on lui a demandé ce qu’il pensait de la violence à la télé, il a récité: «Lorsqu’on voit quelque chose qui nous fait peur à la télévision, on fait clic pour ne pas laisser la peur entrer dans notre tête.»


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