Tenir la télé,
les jeux vidéo, de même que l’ordinateur fermés
pendant dix jours: l’école primaire Pointe-Claire a relevé
le défi.
Elle trône au milieu de nos salons, meuble nos temps libres et nous
la fréquentons assidûment plusieurs heures par semaine. Qui
pourrait se passer de la télévision pendant plus d’une
semaine? Du 25 avril au 4 mai, les élèves de l’école
primaire Pointe-Claire ont relevé le laborieux défi!
Un article paru récemment dans La Presse rapportait un de ces terribles
drames reliés à la problématique de la violence à
la télévision: un garçon de onze ans retrouvé
pendu à une poutre au sous-sol, est mort en tentant de reproduire
une scène du film qu’il regardait. Phénomène
omniprésent aux formes toutes aussi variées que sournoises,
l’abondance du contenu violent à la télévision
et dans les jeux vidéo inquiète. Pour contrer cette réalité,
les élèves de l’école primaire Pointe-Claire
ont expérimenté une nouvelle approche en matière
de prévention de la violence: tenir la télé, les
jeux vidéo, de même que l’ordinateur fermés
pendant dix jours.
Un cadeau pour la vie
Inspiré d’une étude menée en Californie, le
Défi de la dizaine sans télé a été
repris dans certaines écoles du Québec et de l’Ontario
par Jacques Brodeur, mais il s’agit d’une première
dans l’Ouest-de-l’Île et l’instigatrice du projet,
Lise Leblanc, est convaincue de ses bienfaits. «C’est un cadeau
pour la vie qu’on offre aux enfants car, en les amenant à
trouver des activités alternatives plutôt que de se river
devant l’écran, ils élargissent leurs horizons et
s’ouvrent davantage aux autres, en se montrant plus sensibles et
empathiques. Outre la diminution de la violence physique et verbale, nous
pensons accroître la pratique d’activités physiques
et créatives, en plus de contribuer à resserrer les liens
familiaux et à enrichir la communication; car il semblerait que
nos jeunes, qui passent hebdomadairement plus de vingt-cinq heures devant
le téléviseur ne conversent, en moyenne, que trente-huit
minutes par semaine avec leurs parents», rapporte l’enseignante
en éducation physique.
Tel un entraînement olympique, le projet a nécessité
une sérieuse préparation des écoliers qui, parce
qu’ils ont vu leurs habitudes de vie bousculées, ont dû
s’adapter pour passer à travers ces dix jours. Une élève
de quatrième année, Marie-Hélène, admet que
la télé occupe une large part de son temps: «Je la
regarde le matin jusqu’à ce que l’autobus arrive, au
souper en mangeant et durant la soirée. Je trouve ça difficile
de m’en passer, surtout qu’il y a quatre téléviseurs
à la maison! raconte la fillette, qui amorçait tout de même
bien sa deuxième journée du défi, au moment de l’entrevue
avec Cités Nouvelles. Pour sa part, Benjamin — un élève
de première année — envisageait cette trêve
de télévision comme l’occasion de passer plus de temps
avec sa famille et ses amis. Et, lorsqu’on lui a demandé
ce qu’il pensait de la violence à la télé,
il a récité: «Lorsqu’on voit quelque chose qui
nous fait peur à la télévision, on fait clic pour
ne pas laisser la peur entrer dans notre tête.»
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